LA JUSSIE : plante invasive/envahissante

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Antonio | | Type : Flore

« Mais qu’elle est jolie cette fleur jaune! Tellement jolie que je vais la laisser profiter ».

Tina était contente de nous montrer cette jolie plante et de nous dire que c’était bien de la garder. Qu’elle déception quand je lui apprends que cette plante amphibie invasive est un fléau, que son développement provoque des changements significatifs de composition, de structure et/ou de fonctionnement des écosystèmes, et qu’elle s’est répandue presque partout en France !

Martine Boyer, ou Tina, est propriétaire du moulin de Bonnes, sur la Dronne, en Charente. Face à l’étiage estival et au faible débit d’eau la Jussie s’est installée dans les canaux autour du moulin. 

Systématique :

Nom scientifique : Ludwigia plepoïdes

Classification supérieure : Onagracées

Sous-classe : Rosidae

Famille : Onagraceae

Ordre : Myrtales

 

Biologie :

Espèce herbacée vivace rhizomateuse aquatique ou immergée, de 10 à 50 cm de haut, de 30 à 200 cm de long, à forte capacité de bouturage. La floraison débute en juillet et les fleurs sont jaune vif. Elle se développe dans les mares, étangs, fossés, eaux faiblement courantes. Un seul fragment de la plante ou une graine peut créer un herbier de plusieurs hectares en 2 ou 3 ans, jusqu’au comblement d’un milieu aquatique. Elle ne demande donc qu’un sol humide et une exposition ensoleillée ou à mi- ombre.

 

  
 

  • Historique :

  • La Jussie a été importée d’Amérique pour son caractère environnementale, afin d’embellir mares et bassins mais aussi aquariums. Introduite accidentellement dans les années 1820-1825 en Languedoc, elle colonise le sud, la Camargue et l’Aquitaine en quelques décennies formant de vastes herbiers. En Dordogne, la Jussie est de plus en plus présente avec un manque d’intérêt de la part des élus pour la canaliser. Sur l’Isle (par exemple au niveau de Montpon) on observe le développement rapide de cette dernière et quelques foyers apparaissent sur la Dronne.

 

Impact :

Impact hydraulique : L’écoulement des eaux est ralenti, et les sections mouillées sont réduites.

Impact physico-chimique : les cycles de l’oxygène dissous et du pH sont perturbés. Les sédiments/matières en suspensions ou matières organiques transportés par l’eau sont piégés par les radeaux de plantes et viennent ainsi s’accumuler sur les fonds, formant des boues/vases.

Compétition avec les plantes indigènes

Banalisation des habitats pour la faune et donc réduction de la biodiversité

 

 

Comment intervenir :

Dès la découverte de la moindre petite pousse de Jussie on se doit de réagir immédiatement.

Selon l’ampleur d’occupation de la jussie, on préfèrera l’arrachage mécanique ou manuel. Dans le cas du moulin de Bonnes, l’arrachage manuel est préconisé (faible hauteur d’eau, facilité de se déplacer à pied, petite surface de Jussie répartie en plusieurs points). Un protocole est mis en place. Un suivi annuel est indispensable pour gérer cette plante.

Si vous découvrez de la Jussie chez vous, demandez conseil pour une bonne pratique d’arrachage car le moindre bout qui s’échappe dans la rivière ira s’implanter plus loin !

 

 

Commentaire et photos : Nathalie VERGER

Diagnostic, gestion et protection des milieux naturels


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DANTIN : Ma définition d'une plante invasive : toute plante qui par sa présence vient perturber les activités de l'homme. L'homme trouvera alors des tas de justification pour "aider" la nature, "sauver" la biodiversité et continuer la destruction de notre environnement. Messieurs les éradicateurs qui trouvaient Ludwigia grandiflora envahissante, choisissez vos combats. Les monocultures de mais, de blé, de colza et tournesol sont autrement plus envahissantes mais ça ne vous pose pas de problème pour la biodiversité. La nature n'a pas besoin de votre aide, ça fait 5 milliard d'années qu'elle se débrouille seule très bien sans vous. Rappelez vous, Robinia pseudoacacia a été considéré comme un arbre envahissant jusqu'à ce qu'on trouve son bois intéressant à exploiter. On songe maintenant à repeupler les forêts françaises de cet arbre.
Nathalie : Propos virulents à notre encontre. Il est évident que la monoculture et l'agriculture intensive nous interpellent tous. Il ne s'agit pas d'éradiquer une plante mais de la gérer sur nos espèce autochtones. Notre petite association à pour but d'intéresser les gens à ce qui les entoure, sans être extrémiste.

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